Délégationdes Pyrénées-Orientales

Formation Accueillir Accompagner

Assurer une formation à dix-huit bénévoles du Secours Catholique pour mieux « Accueillir, écouter, accompagner ».

C’est qu’en effet, il ne suffit pas d’avoir un grand cœur, beaucoup de générosité et d’amour pour son prochain, qualités essentielles, certes, pour s’engager dans du bénévolat ; encore faut-il accepter de recevoir une formation, souvent spécifique aux engagements désirés, pour être plus efficace, mieux à même de servir l’autre.

Un matin de novembre, Bruno et moi nous sommes retrouvés devant des « élèves bénévoles », dix-huit exactement, pareils à de « jeunes potaches », tout joyeux et excités lors d’une rentrée des classes. Les commentaires allaient bon train.

On pouvait déjà discerner chez ces « élèves », très éloignés de leur temps de lycée, le sérieux qui les amenait là. Très sagement, ils avaient aligné devant eux cahiers et stylos dans l’espoir de passer une bonne journée de repos à « gratouiller » le cours magistral qu’ils pensaient recevoir des formateurs !…

Patatras, adieu belles pensées, pieuses résolutions et journée de quiétude…

Ce qui allait être proposé et donné relevait de bien autre chose…

Les sourires firent place à quelques grimaces, dès l’annonce du premier exercice : il fallait s’impliquer fortement et prendre l’habitude de travailler en grand groupe, puis en petits groupes, après un enseignement rapide.

Dociles malgré tout, tous se soumirent à ce qui était demandé : écouter en vue de présenter l’autre.

Première expérience riche, et qui changea totalement la physionomie du groupe. En 1 heure 30 environ, les bénévoles que nous avions devant nous n’étaient plus les mêmes que quelques instants auparavant. Cela avait « fonctionné », et désormais, Bruno et moi, savions que nous pourrions continuer sur ce chemin de formation, dans la confiance, l’échange multiple et intéressant, dans la richesse de nos différences et de tout ce qui était apporté ici.

Ce que j’ai retenu d’essentiel dans tout ce parcours, dans cette expérience commune, au fil des journées de formation et de nos rencontres, c’est la bonne volonté des participants à répondre du mieux possible à ce qui leur était demandé, à se situer « tout neufs » – malgré leur grande expérience d’accueil des personnes en difficulté – devant les cas et situations proposées, qui exigeaient réflexion, écoute, attention et discernement.

Beaucoup de cœur, de générosité, de simplicité, de confiance immédiate, d’humilité, de timidité parfois, vite corrigée par l’assurance et l’encouragement que chacun pouvait apporter. Du bonheur, de la joie, du plaisir… de la Foi, de l’Espérance et de la Charité !

La formation, c’est aussi avec tout cela qu’elle se fait, qu’elle s’est faite à l’espace Rodhain.

C’est aussi être avec, s’impliquer et pas seulement recevoir passivement l’enseignement distribué… savoir pourquoi on le fait, pour quoi, pour qui, pour qui ?

Nouveauté peut-être, pour chaque participant(e), dans la manière d’aborder les sujets à étudier, dont je peux donner quelques exemples ici, comme pour une journée type.

- Commencer la journée, au Secours Catholique, par une prière, ou selon les cas par la méditation d’un texte biblique, Ancien ou Nouveau Testament, est naturellement d’une grande richesse, signifiante pour chacun, affirmant ainsi la raison de sa présence.

- Continuer par la relecture de la journée précédente : que s’est-il passé depuis ?…

- S’appuyer sur le même texte biblique pour poursuivre cette réflexion autour de cas concrets et quotidiens : les rencontres, l’accueil, l’écoute et l’accompagnement au Secours Catholique ne sont-ils pas, parfois, semblables à la rencontre de Jésus avec une femme de Samarie, ou à celle de l’infirme de la belle porte, ou de l’infirme de la piscine de Bethzatha ?

- Discerner comment ces textes peuvent rejoindre le quotidien des bénévoles dans leur mission , comment cela peut questionner, déplacer, sans oublier de signaler les problèmes et les difficultés, qui ne sont pas à effacer, mais à affronter, avec toujours le même regard d’amour et de bienveillance, même si parfois l’envie est forte de baisser les bras !…

- Terminer par la relecture de la journée vécue, faire apparaître ses espérances, ses projets ; ses doutes et interrogations, se retrouver.

Voilà ce que je peux rapporter de cette expérience vécue auprès de tant de cœurs et avec tant de profondeur. J’ajouterais à ce témoignage que la formation n’est pas à sens unique et que j’ai beaucoup reçu de tous « nos » élèves bénévoles, de Bruno, que j’allais rencontrer à Toulouse, pour préparer avec lui « nos » interventions, et avec lequel j’ai beaucoup appris.

Et vous, autres bénévoles, n’auriez-vous pas envie de nous rejoindre ? Pensez-y !

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